Acte I

Une pandémie sévit dans un royaume insouciant et éthérisé par la fièvre de la possession, et dont le gouvernement semble dépassé par l’ampleur.

Les disciples d’Hippocrate d’une province fort reculée, alertés des barricades sur la route de la soie, lancent un appel aux offrandes de parures immunitaires. Ils prennent soin de les consigner dans de grands registres, escomptant bien ne pas y avoir recours.

 

Acte II

Depuis le début du couvre-feu décrété par la royauté, les humbles sujets s’adonnaient aux plaisirs de l’argile et des pinceaux, aux échecs et jeux de go, aux leçons d’algorithmes et de taille des rosiers aux ciseaux, aux menus travaux et au tri des tableaux… – tout en se conformant (peu ou prou, avouons-le d’emblée) à l’écart courtois et aux innombrables ablutions prescrites.

Le fléau se profilant, certains parmi eux délaissent la bagatelle pour la confection de masques quand d’autres esquissent un modèle de souquenille dont on dit que carabins, mires, apothicaires et garde-malades seront rapidement dénués.

 

Acte III

L’Hostel Dieu, ayant jusqu’à ce moment fatal idôlatré les sirènes du Périssable, s’avise de ces faits d’armes et crie haut et fort ses cruels besoins. Une escouade de couseurszécouseuses se met alors à l’oeuvre, enflant de hameaux en bourgades au son des cors et des trompettes . Moins d’une lune plus tard, la faculté se voit remettre un trésor de milliers de cache-poussière pour les escadrilles de soin prioritaires.

 

 

A l’heure où nous écrivons ces lignes et pour des raisons indépendantes de la volonté de ses auteurs, cette pièce ne pourra être jouée avant l’automne. Mais le moral reste bon et les réservations ouvertes.