Tout à l’heure, allumant la bouilloire pour me préparer une tisane de graines de fenouil et d’anis pillées dans le mortier (j’adore !), j’ai jeté un oeil distrait par la fenêtre. Un astre brillait vers l’Ouest, légèrement au Nord. Vénus, ce ne pouvait être qu’elle, brillante et fidèle. J’ai tout d’abord joint pouces et index et regardé à travers le tout petit espace formé. C’est un truc de myope que m’avait appris mon père : de la sorte on peut voir net sans culs de bouteille mais aussi vérifier que l’étoile est bien une planète, apparaissant alors comme un cercle lumineux bien net et non une source lumineuse instable. J’ai alors sorti la lunette et contemplé l’astre dans sa tranquille beauté et son extrême solitude.

Quel luxe, ce temps soudain libéré ! Nous avons hier après-midi – qui me semble déjà si loin – livré à l’hôpital les premières blouses et reçu un deuxième lot de tissu, concrétisation incontestable du défi que Viviane et moi avons lancé voici à peine 15 jours. Bon… tout aussi incontestable, est le pain qu’il nous reste sur la planche, planche de salut, salut bien bas, des bas et des haut, haut comme le ciel, ciel plein d’étoiles…

Il est temps de vous laisser rêver dans les bras de Morphée mais pas sans vous avoir partagé les tous derniers mots du dernier livre de Roald Dahl, Les Minuscules : “Ayez bien les yeux ouverts sur le monde entier, car les plus grands secrets se trouvent aux endroits les plus inattendus. Ceux qui ne croient pas à la magie ne les connaîtront jamais”.