Chut(e) …

C’était un week-end pascal comme les autres. Ou presque. Assurément, le confinement allait le teinter d’une couleur particulière, un soupçon de légèreté en moins. Une fois le deuxième lot de tissu parti chez les “coupeuses” samedi après-midi, nous avions toutes projeté de nous accorder une pause, de retrouver avec les nôtres le plaisir d’un repas qui se prolonge délicieusement, ou de préparer des semis sous un châssis bricolé avec deux vieilles lucarnes rapportées de Bretagne.

C’était sans compter quelques imprévus, malgré l’extrême soin apporté à la préparation de cette dernière phase. Bon… ‘ faut dire aussi que nous grimpions sur une échelle onirique, laquelle déployait plus du quintuple de barreaux que celle du défi que Viviane et moi avions lancé.

Pause donc …

Dimanche matin, m’attardant sur quelques articles de fond d’un grand quotidien, je suis tombée non de l’échelle mais sur la citation d’un psaume (90-12) dont voici un verset : “Enseigne-nous à bien compter nos jours, afin que nous appliquions notre coeur à la sagesse.”

Mais oui bien sûr, me-je suis dit (ne vous parlez-vous jamais, au point de parfois sursauter au murmure de votre propre voix ?), oui, grimpe à l’échelle… enfin… prends un peu de hauteur, une séance de Tai Qi te ferait le plus grand bien.

C’est alors, dans cette infime vague entre inspire et expire, que le coucou a coucoulé pour la première fois cette année.

Eté 2018, près des rives du lac d’Annecy – @Francis Berthault